qu'on a guérie et que c'est encore pire. Quand on s'endort
et qu'il n' y personne. Quand on ouvre les yeux, qu'on
éteind le reveil, qu'on prend son repas en chadelles,
qu'on marche dans la rue, qu'on s'assoie sur un banc cinq
minutes, qu'on ouvre la porte de chez soi, qu'on prend
un bain, qu'on regarde la télé, qu'on fait cuire ses nouilles
une portion, qu'on éteind la lumière et que c'est le silence,
qu'on se glisse dans les draps et qu'ils sont froids, qu'on
ferme les yeux, et qu'il n'y a personne.
Alors qu'avant il y avait. Et que son fantome nous hante.
La poussière en haut des grands meubles c'est celle que
je redoute. Comme on ne la voit pas, on ne l'enleve pas,
on ne la nettoie pas. Et elle s'accumule. Et elle colle.
Et fait des paquets, sans cadeaux. Mais tant qu'on ne lève
pas les yeux on ne la voit pas... Je crois que si on ne fait
pas attention tout prend la poussière. Même son coeur
quand on ne le nettoie pas, qu'on ne l'aide pas à faire peau
neuve ou qu'on appelle pas un réparacoeur. Et après je
crois qu'on ne voit plus que la poussière a tout envahit
et on etouffe.
Mon fantome et la poussière, j'ai beau les faire partir, ils
reviennent toujours, de plus en plus. Et quand je me cache
sous le lit pour échapper à l'un, j'éternue à cause de l'autre.
Et quand je sors l'aspiracoeur, heu non -teur!, il pousse de
tel soupirs et de tel sanglots que je me dis qu'il est possédé
par mon fantome! C'est sans fin ni sauf.




