Nancy, même sous le soleil, n'a rien d'une ville riante, à ses yeux en tout cas. Alors, sous la pluie, ça se déploie dans les gris et trouve sa dimension glauque, clapoteuse, limite intéressante, tellement c'est déprimant. Ville de l'Est, ciel bas, bâtiments de deux étages, quelques-uns jouissent d'une belle architecture, mais dans l'ensemble impossible d'ignorer que ce ne sont pas des maisons de médecin. A cause de la pluie, les clochards et les jeunes punks à chien se sont réfugiés dans le centre commercial Saint-Sébastien. Des gens se sont collés contre les vitrines, pour se protéger un peu. Bruit des bus électriques, klaxon typique, qui ne fait pas mal aux oreilles. Parcours jonché des mêmes enseignes que si elle marchait dans n'importe quelle ville d'Europe : Footlocker, Pimkie, H&M, Body Shop... des vitrines moches, trop éclairées, aseptisées. Jamais rien de mal foutu, de traviole ou de surprenant. Le long des rues dorénavant, plus une seule vitrine ne détonne : il ne reste plus d'espace pour ça dans les villes de l'époque moderne. C'est morbide et glacé, comme marcher dans une morgue de couleurs vives.